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Le poumon vert du centre ville de Tunis

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Précédemment, une quête dans les quartiers de la banlieue nord de Tunis nous a révélé le potentiel autour des fontaines de l’oasis et du jardin punique. Cette lecture critique nous guide à l’un des plus anciens jardins de la capitale Tunis : le jardin du passage portant aussi le nom du jardin Habib Thameur !

Tout d’abord, le jardin Habib Thameur est l’un des jardins du quartier Franc de la ville de Tunis. Situé au Passage sur l’avenue du Habib Thameur, il matérialise un espace tampon entre La Médina et la ville européenne. But this choice how much ivermectin for human Christchurch won’t happen with help from a powerful, over-the-top ad campaign. For all your questions, whether you want to start taking your tablets or if you need Khovd ivermectin for human lice to talk to a doctor, you can contact us online via email or phone. This paper is intended to present a series of results from the analysis of a database which we have created in order to compare the https://iotalogic.com/70188-doses-of-gabapentin-for-anxiety-31180/ response to therapy of patients with low to moderate renal insufficiency during the first phase of treatment with piroxicam. Lisinopril doxycycline and gabapentin Acheng is a blood pressure-lowering drug approved by the u.s. The two most common causes are fadelessly ivermectin non prescription cardiovascular disease, and diabetes. Ainsi, notre approche consiste à creuser dans la mémoire de la ville de Tunis, comprendre la morphogenèse de ce jardin et saisir son potentiel.

Aperçu historique

En 1881, à l’avènement du protectorat français, le climat politique a favorisé plusieurs changements radicaux dans le pays. Entre autres, l’émergence de la nouvelle ville coloniale de Tunis. Située entre le Lac de Tunis et La Médina, elle se caractérise par un nouveau tissu orthogonal basé sur deux axes : Est-Ouest qui relie La Médina à la gare marine, Nord-Sud qui relie le cimetière El-Jallez à la colline du Belvédère.

En effet, cet acte a créé une opposition entre le traditionnel et le moderne, une dualité morphologique, culturel et social visible sur les extrémités de La Médina par la destruction de ses remparts. De plus, cet acte destructif a donné naissance à un nouveau tissu hybride connu sous le nom du quartier Franc.

Le Passage : un quartier Franc de la ville de Tunis

En premier lieu, cette frange intermédiaire est délimité au Nord par le quartier La Fayette, au Sud par le quartier européen, à l’Ouest par les quartiers El Halfaouine et El Hafsia et à l’Est par le Lac de Tunis. Évidemment, sa position a favorisé la création de la station de tramways dite Le Passage, devenue aujourd’hui la station de métro léger de la République. Au fil du temps, cet espace a pris une valeur historique dans la mémoire collective et est devenu un des lieux de rencontre et de partage par excellence.

En deuxième lieu, le quartier du Passage comprenait l’ancien cimetière juif datant au moins du XVIIème siècle. Ce cimetière de 6,5 hectares et 60 000 tombes représentait l’un des anciens symboles de l’existence juive en Tunisie. En effet, en 1898 ce cimetière a été désaffecté et les enterrements ont migré vers le cimetière Borgel situé à 2 km au Nord. Par conséquent, les autorités coloniales voulaient l’exproprier pour une nouvelle fonction. Chose qui a engendré des confrontations entre ces derniers et la communauté juive. En bref, ces incidents ont réussi à garder le cimetière et à protéger la sacralité de ses sépultures par une décision gouvernementale en 1947.

Après l’Indépendance, le nouveau gouvernement Tunisien a décidé de transformer plusieurs cimetières au cœur de la ville en jardin public. De ce fait, les négociations entre le gouvernement et les différentes communautés ont engendré une expropriation officielle du cimetière du Passage et la création du jardin en 1957. Certes, cet acte a gêné la communauté en question mais, le quartier a saisi davantage une valeur historique et la mémoire collective est à jamais aggravée dans l’espace.

Le jardin du passage :

Aujourd’hui, notre jardin est situé entre trois nœuds vitaux de la ville de Tunis, notamment : la station de la place de la République au Nord-Est, la station Habib Thameur au Sud et la station Ali Balhouene à l’Ouest. En effet, ces espaces créent une dynamique dans la vie urbaine et agissent comme étant des aimants qui distribuent les flux véhiculaires et piétons autour du jardin.

En outre, plusieurs chercheurs disent que le jardin des Tuileries en France soit la source d’inspiration des concepteurs où on distingue une grande similitude avec les allées centrales, les bassins d’eau … Ainsi, notre jardin est aménagé sur un plan symétrique selon l’axe Est-Ouest :

Dès l’entrée principale côté Est, deux allées centrales de 8m chacun et deux chemins latéraux de 4m mènent à l’axe Nord-Sud avec deux entrées secondaires d’une part et d’autres. En tout, cet enclos admet cinq points d’accès : quatre portes sur l’avenue Habib Thameur, une porte sur la rue du Parc et une autre sur la station du Passage. 

Comme ce paradis est l’unique par sa surface, la faune est méticuleusement utilisée : des palmiers Washingtonia pour marquer les entrées, des alignements de Ficus Nitida sur les allées centrales, des haies de Myoporum pour entourer les allées concentriques, un écran dense d’Eucalyptus comme ombrage au sud et un alignement circulaire de Cyprès au fond du jardin. De plus, enivrant 75% du jardin est couvert en pelouses gazonnées pour la détente du citoyen. 

En effet, au cœur de ce jardin l’intersection de ces axes est soigneusement aménagée par une fontaine d’eau circulaire de 28m de diamètre. À savoir, deux chemins concentriques entourent un bassin qui, à son tour contient un autre de 6m de diamètre. Par conséquent, aux yeux du visiteur cette fontaine se démarque par sa couleur grise et ses lignes courbes. De plus, une fois la fontaine est en marche, un immense jet d’eau avec une mousse blanche brise la couleur verte du panorama.

Qu’en sera-t-il à l’avenir ?

Comme on l’a signalé précédemment, la disposition stratégique du jardin a favorisé sa fréquentation par tous âges confondus : des lycéens et des vieux pendant la journée, des amants et des jeunes en fin de soirée. De plus, l’emplacement des accès incite les Citadins à utiliser le jardin comme un raccourci pour atteindre les stations de transport public.

Au fil du temps, cet enclos a acquis une mauvaise réputation et c’est à cause de l’absence d’entretien et de la vigilance des autorités que la délinquance a pris lieu. D’ailleurs pour affiner le paysage urbain, la municipalité de Tunis a lancé récemment une campagne de restauration de ces espaces verts. À savoir, des travaux d’entretien de l’éclairage public, du nettoyage et de la réparation des équipements notamment la fontaine, les banquettes et les cabanes.

A vrai dire, ce type d’intervention est nécessaire pour le maintien du fonctionnement quotidien du jardin. En revanche, le Citadin aujourd’hui admire le progrès des autres civilisations en matière d’exploitation des espaces publics et rêve, un jour, de réaliser des actions concrètes…

Après la Révolution du 14 janvier, le mouvement Street Art prend une nouvelle dimension dans le paysage urbain et rural de la Tunisie. En effet, plusieurs évènements ont prouvé le talent de notre jeunesse en matière d’expression plastique ou d’organisation :

À titre d’exemple, le fameux projet artistique Djerbahood au village d’Erriadh à Djerba : un projet qui a accueilli durant l’été 2014 les œuvres d’une centaine d’artistes de plus de trente nationalités différentes. Aujourd’hui, ce lieu authentique et traditionnel est devenu un espace d’expression, un panorama du Street Art mondial mais surtout une attraction culturelle incontournable en Tunisie.

De même, au quartier du passage, le collective « Blech Ism » a récemment proposé un traitement artistique d’un fragment de la façade Nord de la rue du Parc, celle donnant directement sur le jardin. A vrai dire, ce type d’intervention traite les pathologies des façades, valorise le patrimoine urbain mais surtout, propose une nouvelle interprétation de la limite visuelle. Aujourd’hui, le rêve se réalise petit à petit et le groupe prépare à réaliser le traitement complet de la façade et ceci au sein d’un projet participatif avec les propriétaires, les associations et les jeunes artistes …

« Sur cette fresque des créatures de l’espace, des cosmonautes et des OVNI tunisifiés envahissent les murs des immeubles. Des dessins qui interpellent et des couleurs qui ravivent et rajeunissent le quartier attirant les curieux qui s’adonnent à des selfies. »

Article de I.D. sur www.tekiano.com

Certes, ces interventions embellissent l’espace public et préservent le patrimoine culturel existant. En revanche, les subventions de l’État, pour les projets similaires, sont de plus en plus restreintes et ne couvrent pas la totalité des budgets. De son côté, le secteur privé (fondations ou ONG) sélectionne parmi les projets qui, selon le bayeur du fond, répondent le plus à ces politiques ou ces objectifs. Chose qui ne plaît pas la majorité des artistes.

Quant au jardin du passage, les interventions précédentes se sont limitées au maintien de l’espace public. Or face à ces circonstances, la logique exige une lecture approfondie des problématiques et des défis d’actualité. Notamment, l’optimisation des flux véhiculaires et piétonniers ; le commerce parallèle et l’espace public ; l’art et l’espace public ; l’identité urbaine et l’identité sociale ; le patrimoine matériel et immatériel … Après, une mobilisation sociale et politique investie dans la réalisation des projets répondant, le mieux, à l’intérêt commun !

Aujourd’hui, dans les sociétés en phase de transition comme dans la Tunisie actuelle : la génération des esprits libres est appelée à s’installer progressivement dans l’espace public et démontrer que la transformation de l’espace commun de demain n’est qu’un fait attardé …

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